Conseils / Purger ses radiateurs et régler la pression de la chaudière : le mode d'emploi (Luxembourg)
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Un radiateur qui gargouille, qui claque ou qui reste froid en bas alors qu'il chauffe en haut a presque toujours le même problème : de l'air s'est accumulé dans le circuit et bloque la circulation de l'eau chaude. Le purger prend quelques minutes et ne demande aucune compétence technique. Ce qu'on oublie souvent, c'est le second temps du geste : purger fait baisser la pression de l'installation, il faut donc la remettre à niveau à la chaudière juste après. Voici les deux opérations dans l'ordre, et les cas où il ne faut pas bricoler.
L'été, l'installation dort : l'eau refroidit, de l'air entre par les micro-jeux des raccords et les gaz dissous remontent vers les points hauts du circuit — donc vers les radiateurs de l'étage. À la première relance, l'eau bouscule cet air, et ça fait du bruit. C'est aussi pour ça que la question revient chaque année à la rentrée : au Luxembourg, on rallume à peu près tous en même temps.
Un radiateur bruyant n'est pas dangereux. Mais à moitié plein d'air, il chauffe à moitié pendant que la chaudière consomme comme si tout allait bien.
L'ordre compte, et beaucoup le prennent à l'envers. On purge du plus bas et du plus proche de la chaudière vers le plus haut et le plus éloigné : rez-de-chaussée d'abord, premier étage ensuite, combles en dernier — c'est là que l'air termine sa course. Commencer par l'étage repousserait l'air des niveaux bas vers le haut, et vous le retrouveriez là où vous venez de passer. En appartement de plain-pied, partez du radiateur le plus proche de la chaudière.
Chaque purge évacue de l'air puis de l'eau, donc fait chuter la pression du circuit. Si vous vous arrêtez là, la chaudière se met en sécurité ou chauffe mal. Le manomètre est le petit cadran rond (ou l'affichage numérique) sur ou sous la chaudière.
Ne cherchez pas de pression « normale » valable pour toutes les chaudières domestiques : il n'en existe pas, et pour cause — elle dépend du modèle et de la hauteur de l'installation. La bonne valeur est celle inscrite sur votre appareil ou dans sa notice. En cas de doute, appelez l'installateur qui a posé la chaudière.
Chaque appoint d'eau introduit du calcaire dans le circuit, et la dureté varie fortement d'une commune à l'autre. L'échelle officielle classe une eau de 25 à 35 degrés français comme « dure », et au-delà de 35 °f (soit 19,6 °dH) comme « très dure ». Classification relevée le 5 août 2026 sur eau.gouvernement.lu, qui renvoie à la carte drenkwaasser.lu pour le détail par localité.
Un appoint par an, c'est normal. Un appoint par mois, c'est une fuite à chercher — et du calcaire injecté pour rien.
Au-delà de l'entretien courant, l'installation est soumise à une inspection périodique obligatoire, dont l'exploitant doit faire la demande :
| Type d'installation | Inspection périodique |
|---|---|
| Combustible solide ou liquide (mazout, bois), de 7 kW à 1 MW | tous les 2 ans |
| Gaz, de 4 kW à 1 MW | tous les 4 ans |
Fréquences et seuils de puissance relevés le 5 août 2026 sur environnement.public.lu. Les installations à gaz relèvent du règlement grand-ducal modifié du 27 février 2010, les installations à combustible solide et liquide du règlement grand-ducal modifié du 7 octobre 2014.
Cette inspection est réservée aux installateurs titulaires d'un certificat de contrôleur, dont la liste est tenue par la Chambre des Métiers (même source, relevé le 5 août 2026). La personne qui purge, c'est vous ; celle qui contrôle doit être habilitée.
Klima-Agence propose aux particuliers un conseil de base gratuit et indépendant en efficacité énergétique, au numéro gratuit 8002 11 90, du lundi au vendredi de 8h à 12h et de 13h à 17h (sauf jours fériés). Relevé le 5 août 2026 sur guichet.public.lu.
Si le diagnostic mène au remplacement de la chaudière, le régime Klimabonus 2026 prévoit 12 000 € pour une pompe à chaleur géothermique en maison unifamiliale et 10 000 € pour une pompe à chaleur air-eau en maison unifamiliale existante (montants réduits sans remplacement d'une chaudière fossile ou d'un chauffage électrique direct). Demande via MyGuichet.lu. Montants relevés le 5 août 2026 sur guichet.public.lu.
Il gargouille ou claque, il reste froid en haut alors que le bas chauffe, ou il met bien plus longtemps que les autres à monter en température. Froid en bas et chaud en haut est un autre problème (des boues) : la purge n'y changera rien.
Une fois par an suffit, idéalement avant la première relance de la saison de chauffe — donc en septembre. Si vous devez purger tous les deux mois, de l'air entre quelque part : c'est un symptôme, pas une routine.
Éteint, sur une installation refroidie. En marche, la pompe met l'air en mouvement au lieu de le laisser se rassembler au point haut, et l'eau qui sort est brûlante.
Heizkörper entlüften — le terme des notices de chaudières allemandes, très répandues au Luxembourg. La vis de purge s'appelle Entlüftungsventil.
Oui pour la purge, et la loi luxembourgeoise permet d'aller plus loin que « ça dépend du bail ».
Premier constat, vérifié en relisant le texte intégral : la loi modifiée du 21 septembre 2006 sur le bail à usage d'habitation ne contient pas une seule fois le mot « chauffage ». Il n'existe donc aucune règle spéciale de répartition propre au chauffage : on applique le régime général des charges locatives, poste par poste.
Ce régime est étroit et c'est une protection pour vous. L'article 5, paragraphe 3 dispose que « ne peuvent être mis à charge du locataire que les frais exposés pour la consommation d'énergie, pour l'entretien courant du logement et des parties communes, pour les menues réparations ainsi que les taxes liées à l'usage du logement », et que le bailleur « ne peut mettre à charge du locataire que les montants qu'il justifie avoir déboursés lui-même ». Une facture non justifiée n'est pas exigible.
Dans la liste officielle des charges locatives publiée par l'administration figurent notamment les taxes d'eau, de chauffage/gaz, d'électricité, de canalisation, d'enlèvement des ordures, de ramonage, et les « frais de nettoyage usuels du chauffage central ». Restent au propriétaire l'impôt foncier et « tous autres impôts ou taxes relatives à la propriété ».
⇒ En pratique, la ligne de partage se lit ainsi :
| Poste | Normalement à charge de |
|---|---|
| Purger les radiateurs — entretien courant, sans démontage | le locataire |
| Nettoyage usuel et entretien annuel du chauffage central, ramonage | le locataire (charges locatives) |
| Remise en pression de la chaudière — geste d'exploitation | le locataire, mais prévenez le propriétaire ou le syndic, surtout si la chaudière est en local commun |
| Remplacer un vase d'expansion, une vanne, un circulateur, désembouer, remplacer la chaudière — ce n'est ni de l'entretien courant ni une menue réparation | le propriétaire |
Texte de l'article 5 relevé et compté le 5 août 2026 sur le texte de la loi du 21 septembre 2006 publié par Legilux ; liste des charges locatives relevée le 5 août 2026 sur guichet.public.lu, « Conclure un contrat de bail à usage d'habitation ».
⚠ La frontière exacte entre « menue réparation » et gros travaux n'est définie nulle part dans la loi luxembourgeoise, et aucun règlement grand-ducal n'en publie la liste — contrairement à la France, qui en a une. C'est donc le bail, puis le juge de paix, qui tranchent les cas limites. Ne recopiez surtout pas une liste française : elle n'a aucune valeur ici. En cas de désaccord, le service de consultation de l'ULC est le premier recours, avant tout paiement.
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